Musée des Beaux-Arts, Caen

Francis Limérat,
Mémoires en promenade (1975-2006)
9 février > 31 mars 2008

Consigné dans un carnet, élaboré patiemment sur une feuille volante ou structure graphique ligneuse s’épanouissant dans l’espace, le dessin est au cœur du travail de Francis Limérat (né en 1946) depuis le début des années 70.
L’exposition propose de découvrir une série d’encres sur papier, intitulée Suite Renakse, commencée à Hanoï durant l’hiver 2003 et poursuivie lors de plusieurs voyages au Vietnam et au Cambodge. Lavis d’encre et tracé ténu à la plume rendent compte de la fragile géométrie des rizières, des atmosphères brumeuses des rives du Mékong et du quadrillage des quartiers de Phnom-Penh. Autant de fragments d’organisation spatiale que la mémoire vagabonde tente de restituer.
En contrepoint de cette suite récente, seront exposés des dessins plus anciens réalisés en Chine ou en Grèce ainsi que quelques claires-voies - ces légères compositions arachnéennes que l’artiste construit avec des branches ou fines baguettes de bois - afin de rappeler la qualité cartographique du travail de Limérat et son désir constant d’engager le regard vers une lecture du sensible et de l’errance.

Entrée libre tous les jours de 9h30 à 18h (sauf les mardis et lundi de Pâques).

Francis Limérat poursuit un travail très original qui s’est progressivement modifié au cours de quarante années de pratique artistique. Les matériaux et la technique ont cependant peu changé ; des morceaux de bois oblongs, de différentes dimensions, le plus souvent peints, superposés, collés, tels des modules répétitifs, assemblés les uns aux autres selon un certain ordre ou désordre ; ou encore des feuilles de papier, de l’encre noire ou du sépia travaillés à l’aide d’une plume ou sous forme de lavis. Cette manière de procéder lui a permis d’alterner constructions spatiales et dessins, des œuvres jouant toutes de la tension entre les vides et les pleins, entre les absences qui distribuent la lumière et ces présences que sont les signes.

Pendant de nombreuses années, les structures ligneuses sont demeurées proches des dessins. Constitués de baguettes qui ressemblaient à des lignes droites ou courbes, longues ou courtes, ces assemblages se déployaient dans l’espace sans trop chercher à s’émanciper du plan. De telle sorte qu’une parenté réelle existait entre les uns et les autres. Très graphiques, les assemblages comme les dessins des années 70 tentaient d’épuiser les figures permises par l’accumulation d’allumettes, tandis que ceux, plus libres, des années 80 s’organisaient en parcours instables avec de-ci de-là des points de fixation, des points d’accrochage d’où jaillissaient des réseaux de lignes graciles. Cette proximité s’est distendue au fil des années.

Par la suite, plus lié à des déambulations réelles ou imaginaires dans des paysages, ceux de Grèce ou ceux d’Extrême-Orient, son dessin est devenu autre chose, un espace indistinct, irréductible à des lignes, autonome, ayant ses propres exigences, que les assemblages ne peuvent approcher. Ses dessins se sont ainsi enrichis ; au travail cursif, pareil à une écriture, a succédé une vision plus spatiale, une fragile et feinte géométrie à laquelle une lente élaboration donne sa densité. Des impressions laissées par un paysage urbain ou rural, puis décantées par le souvenir, ne restent que quelques tracés épars, ténus ou appuyés, qui s’ignorent ou se rejoignent. Les vides s’emplissent alors de durée et de mémoire.

C’est ce double parcours dans le temps et l’espace que retracent les feuilles que nous avons choisies de faire découvrir aux publics des musées d’Angers et de Caen. Éclairage sur quatre décennies de création graphique. Éclairage sur cinq années de travail récent.

Patrick Le Nouëne - Caroline Joubert
Conservateur en chef des musées d’Angers Conservateur au musée des Beaux-arts de Caen

Contact presse : Anne Bernardo

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GIACOMETTI

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Olivier

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